04 avril 2006
Maladie de Gaucher : le traitement substitutif laisse persister des problèmes cliniques, sociaux et psychologiques
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Ghislaine SURREL
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La maladie de Gaucher est une maladie causée par un déficit en enzyme lysosomale, la bêta-glucocérébrosidase. Elle est généralement traitée avec succès par l’enzymothérapie de remplacement. Cependant, des problèmes cliniques, sociaux et psychologiques persistent chez les patients traités, comme le montrent les résultats de l’étude menée par Mankin et coll. Les chercheurs ont interrogé 128 sujets atteints de la maladie de Gaucher et traités par enzymothérapie de remplacement, à l’aide d’un questionnaire anonyme. Les patients avaient une vie active caractérisée par un bon niveau scolaire, un emploi, des déplacements sans difficulté pour la plupart, du sport et des activités diverses. Le traitement enzymatique améliorait leur qualité de vie en réduisant significativement la splénomégalie, les troubles viscéraux, les anomalies hématologiques, et les crises osseuses. Cependant, ils continuaient à souffrir de troubles cliniques, principalement musculo-squelettiques et hématologiques. Ils avaient des problèmes émotionnels et psychologiques illustrés par un pourcentage excessif de sujets dépressifs, anxieux, nerveux, insomniaques, seuls, craintifs, et préoccupés par leurs santé. Mankin et coll. proposent quelques solutions pour prévenir la survenue de ces problèmes chez les sujets atteints de la maladie de Gaucher. A questionnaire study for 128 patients with Gaucher disease.
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Clinical Genetics ; 69 (3 ) : 209-217 ; Mars 2006
Mankin HJ, Trahan CA, Barnett NA, Laughead J, Bove CM, Pastores GM.
The Massachusetts General Hospital, Boston MA, New York University Hospital, New York, NY, USA.
Gaucher disease is an uncommon autosomal recessive disorder characterized by lysosomal storage of glucosyl ceramide, a material released during cell degradation. Patients with Gaucher disease often have significant hematologic, bone structural, and visceral problems which sometimes greatly affect their health and life style. Based on some extraordinary scientific discoveries over the past 45 years, a treatment system has evolved which consists of administration of an enzyme, which destroys the lysosome-stored material and to some extent restores the patients to good health. There are still some problems for these patients; however, and the purpose of the study is to define some of the clinical, sociologic, and psychologic problems with a specially designed questionnaire. Questionnaire data was collected for 128 patients from two institutions with complete anonymity, and the information compared against data from a National Health Inteview Survey. The results show that many of the patients still have fairly extensive problems, which could possibly be helped by some alterations in treatment protocols.
PMID: 16542385 [PubMed - in process]
29 août 2005
Mise au point sur la cohorte française de maladies de Gaucher
Rapporté par Patrick Cherin (Médecine Interne, CHU Pitié-Salpétrière, Paris) d'après la présentation du Dr J Stirneman, Bondy
"Une décennie de traitement de la Maladie de Gaucher" - Colloque Genzyme, Maison de l’Amérique Latine, Paris, Décembre 2004
Le registre international a permis de notifier 3337 patients atteints de maladie de Gaucher provenant de 44 pays, d’âge moyen de 35 ans (Weinreb NJ, Semin Hematol 2004, 41, Suppl 5, 15-22). Le phénotype I prédomine nettement (90 % des sujets Gaucher), puis le type III (5 % des patients) et le type II (1 %). Quatre pour cent des patients ont un phénotype inconnu dans cette cohorte. Il s’agissait de femmes dans 54 % des cas. 2532 patients ont bénéficié d’un traitement par enzymothérapie substitutive, ayant permis une réduction très significative de l’hépatomégalie, la splénomégalie et une remontée des taux de plaquettes et d’hémoglobine. L’enzymothérapie substitutive (imiglucérase : cérézyme) est prescrite à la posologie habituelle de 60 UI/Kg/bimensuelle en perfusion intraveineuse de 2-3 heures tous les 15 jours. La posologie peut ensuite être réduite à 45 voire 30 UI/Kg/ 15 jours ou par espacement éventuel des doses dans certains cas favorables. L’enzymothérapie substitutive par l’imiglucérase, dans la maladie de Gaucher de type 1, est indiquée en présence d’au moins un des signes suivants : volumineuse hépatosplénomégalie ; cirrhose ou fibrose hépatique ; atteinte respiratoire ; atteinte osseuse cliniquement symptomatique ; retard staturo-pondéral et/ou pubertaire ; asthénie importante ; cytopénie (plaquettes<60000/mm3, Hémoglobine<8 g/dL).
La tolérance de l’imiglucérase est très bonne. Dix à 15% des patients traités développent des anticorps contre l’enzyme susbstitutive, mais seule une minorité présente une réaction allergique significative, nécessitant alors une corticothérapie courte. Aucune malformation fœtale n’a été décrite dans les cas de traitement par l’imiglucérase de femmes enceintes, cependant, la grossesse reste actuellement une contre-indication au traitement substitutif.
Le registre Français de maladie de Gaucher (présentation du Dr J Stirneman, Bondy) regroupe 350 patients, dont 254 recensés, avec 18 sujets décédés. 229 patients (90 %) appartenaient au type I, 9 (3,5 %) étaient de type II, 6 de type III (2,4 %), 9 (3,5 %) avaient un type inconnu et 1 patient présentait un déficit en saposine C. 165 patients ont bénéficié d’un traitement par enzymothérapie substitutive (imiglucérase), et 5 par miglustat. •72 patients ont été splénectomisés (28%).
Les résultats et données évolutives sous traitement sont disponibles pour seulement 101 patients de la cohorte. L’âge moyen des premiers symptômes était de 17,6 ans, avec un âge moyen au diagnostic de 20,8 ans. Avant la mise sous traitement, il existait une splénomégalie chez tous les patients (100 %). Les principales autres manifestations observées étaient : une asthénie (69 % des cas), des douleurs osseuses (62 ), une hépatomégalie (63 %), des douleurs abdominales importantes (59 %) et des signes hémorragiques dans 37 % des cas. Le diagnostic a été réalisé par le myélogramme ou la biopsie ostéo-médullaire (63 % des cas), l’enzymologie (13 %), la ponction biopsie hépatique (PBH) (4 %) et la splénectomie (20 %).
Sous enzymothérapie substitutive, il existait une réduction significative de la splénomégalie, de l’hépatomégalie, des taux de plaquettes et d’hémoglobine, avec une amélioration significative de l’asthénie, du retentissement fonctionnel, des douleurs abdominales et osseuses. L’évolution des marqueurs biologiques sous enzymothérapie substitutive (imiglucérase), réalisée chez 13 patients, a permis de mettre en évidence une diminution de l’enzyme de conversion, de la ferritinémie et des TRAP.
Les modalités de traitement chez les patients traités par Cerezyme étaient représentées par la posologie habituelle de 60 UI/Kg/bimensuelle en perfusion intraveineuse tous les 15 jours chez 85 % des patients. Les 25 % restants ont bénéficié de modalités de traitement et posologies diverses allant de 15 UI/kg/8jours à 45UI/kg/15 jours.
Six patients atteints de maladie de Gaucher de type III ont bénéficié d’un traitement par enzymothérapie substitutive (imiglucérase), une fois les signes neurologiques apparus. Trois patients ont été améliorés, 2 patients ont été stabilisés et 1 patient est décédé après 4 ans de traitement. Le ralentissement de la détérioration était fonction de la précocité du traitement.
La tolérance de l’enzymothérapie substitutive (imiglucérase) est très bonne. On note l’existence d’effets secondaires à type de prurit et d’urticaire (3 % des patients), d’hypotension artérielle et d’apparition d’anticorps non neutralisants IgG anti-cérézyme chez 15 % des patients traités en 3 à 9 mois. Enfin, il faut noter la diminution d’une HTAP chez 4 patients traités avec l’augmentation de la posologie et la survenue d’une gammapathie monoclonale chez 20 aptients, dont 1 cas de myélome.
Date de publication : 27-01-2005
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28 mai 2005
Efficacité de l’enzymothérapie substitutive dans les formes neurologiques de la maladie de Gaucher: A propos de 13 cas
Afenjar A., Caubel I., Mignot C., Billette de Villemeur T., Hôpital Trousseau, Paris, France.
La maladie de Gaucher, maladie de surcharge lysosomale par déficit en glucocérébrosidase, est souvent révélée par une hépatosplénomégalie et une atteinte osseuse. Il existe des formes sans atteinte neurologique (type 1) et avec atteinte neurologique aiguë (type 2) ou subaiguë (type 3). L’enzyme de remplacement, disponible depuis 10 ans en France, a une efficacité remarquable sur les signes systémiques. L’effet sur les signes neurologiques est variable.
Nous avons étudié rétrospectivement les dossiers de 13 patients (six types 2, sept types 3) et traités par enzymothérapie. Les types 2 ont été traités en moyenne à l’âge de 7.2 mois. Quatre sont décédés en moyenne à 11 mois (atteinte du tronc cérébral et pneumopathie). Deux ont eu une évolution inattendue avec une régression partielle des signes neurologiques. Les types 3 ont été traités en moyenne à l’âge de 7.5 ans avec une stabilisation neurologique pour 5/7 (ophtalmoplégie), une amélioration pour 1/7 (syndrome cérébelleux, atteinte extrapyramidale). Un patient est décédé (épilepsie myoclonique). L’atteinte systémique
Société européenne de neurologie pédiatrique
Mercredi 4 décembre 2002
